Lauréats du concours Ecofest 2025 : Art et résilience face aux crises politiques en Afrique de l’Ouest
Le 5 décembre, au Théâtre national Daniel Sorano, s’est déroulée la cérémonie de remise des prix du concours artistique organisé dans le cadre du Festival Ouest-Africain des Arts et de la Culture (Ecofest). Cet événement a rassemblé des artistes visuels venus de quinze pays pour exprimer, au cœur des œuvres exposées, les réalités complexes des crises politiques en Afrique de l’Ouest.
Quinze pays réunis autour d’un thème engagé
En écho à l’exposition tenue à la Galerie nationale d’art, les participants, peintres, photographes et sculpteurs, ont offert une exploration poignante du rôle que peut jouer la culture face aux défis politiques actuels. Le thème « Mutations et crises politiques en Afrique de l’Ouest : que peut faire la culture ? » a inspiré des créations souvent monumentales, où techniques traditionnelles et modernes se mêlent pour offrir des regards profonds et diversifiés.

Peinture : puissance et créativité pour décrypter la crise
Parmi les lauréats, le peintre sénégalais Youssoupha Sy s’est distingué avec son tableau « La liberté guidant le peuple », une œuvre aux techniques mixtes, à la puissance visuelle impressionnante qui a convaincu le jury. Juste derrière lui, le nigérian Moses Love Boniface a marqué les esprits avec « State of Emergency », une toile mêlant huile et sable, symbolisant l’urgence sociale brûlante de la région. Le troisième prix est revenu au peintre ivoirien Agoua Djampa Ange Olivier, alias Anvilo, pour « Pas de danse », une composition acrylique où la fragmentation visuelle interroge la cohésion sociale délétère.
Photographie : célébrer la résistance par l’image
Dans la catégorie photographie, le sierra-léonais Benjamin Thoronka a remporté le premier prix pour « Heritage Happiness », un tirage vibrant qui célèbre la joie comme forme de résistance face aux troubles. Le bisso-guinéen Quíntino Ramalho Da Silva s’est vu décerner le deuxième prix avec « Rythme de l’Identité », tandis que la troisième place est revenue à Eder Lenine Martins du Cap-Vert pour « Batuka », un hommage visuel puissant aux traditions féminines de son pays.

Sculpture : symboles d’unité et de paix
Enfin, en sculpture, le Nigérian Moses Rimamtari Tuki a impressionné avec « Restraint », une pièce aux lignes épurées et matériaux mixtes incarnant la retenue et la force intérieure. Le Cap-Verdien Davidson Cesra Alvès de Almeida a obtenu la deuxième place grâce à « União », une sculpture en fer symbolisant l’unité, suivi de près par Akogonya Elikplim Afi du Togo, dont « Totem de Paix » une œuvre en bois brûlé assemblée sur trois ans incarne un puissant message de réconciliation.
Cette compétition au cœur d’Ecofest met brillamment en lumière comment l’art peut devenir un vecteur d’expression, de dialogue et d’espoir dans un contexte politique parfois lourd. Elle rappelle que la culture, dans toute sa richesse et sa diversité, reste un levier essentiel pour comprendre et surmonter les crises.
